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Ma maison en l'air
2019 Performance avec une maison volant Ma maison en l 'air prend comme point de départ la maison en tant que figure symbolique de protection, d'appartenance et de stabilité, pour en révéler l'envers :
un espace instable, précaire et conditionnel. Dans mon travail, la maison ou la chambre ne sont pas seulement des architectures ; elles incarnent les limites imposées à l'échelle du quotidien, là où se croisent l'intime, le politique et l'administratif. Dans Ma maison en l'air, je réalise une performance dans l'espace public avec une maison gonflable, légère et transparente, qui flotte au-dessus de moi. Cette maison, aux couleurs de l'arc-en-ciel, semble suspendue dans le vide, incapable de se fixer au sol, comme si elle pouvait disparaître à tout moment. Je marche pieds nus dans Paris, tenant cette maison flottante qui dérive dans l'air. Mon regard est constamment tourné vers elle, tandis que je traverse la ville lentement. La maison flotte comme une apparition, et mon propre corps, exposé et vulnérable, prend à son tour une dimension presque fantomatique. Marcher pieds nus rend chaque pas incertain ; le contact direct avec le sol accentue la fragilité du corps et la conscience de l'environnement urbain. La maison repose sur un sol transparent, sur lequel est imprimé mon récépissé de demande de titre de séjour. Dans la réalité administrative et quotidienne, la possession de ce document donne une existence légale ; sans lui, on devient une présence invisible et non reconnue dans la société que nous habitons. La performance met en tension cette contradiction : un document censé garantir une identité, mais qui reste provisoire, fragile et constamment menacé d'expiration. La maison ne peut être ni pleinement posée, ni véritablement occupée. La maison devient alors un lieu paradoxal : à la fois refuge rêvé et structure instable, flottante. |