La Partition quotidienne est une série de trois petites sculptures mécaniques en céramique qui ressemblent à des scènes domestiques miniatures. À l’intérieur de chaque structure, des fragments de mobilier domestique tournent lentement : un lit, une chaise, une table et de petits objets du quotidien. Un vêtement fantomatique est suspendu parmi eux. Lorsque le mécanisme se met en mouvement, une lumière chaude projette leurs ombres sur les murs, agrandissant ces objets modestes en présences spectrales. L’œuvre aborde la vie quotidienne comme une partition : un ensemble de gestes, d’habitudes et de mouvements répétés que nous accomplissons sans toujours en avoir conscience. Les objets en rotation suggèrent le rythme circulaire des routines domestiques, répétées chaque jour jusqu’à devenir presque invisibles. Ce qui est intime et familier devient étrange, théâtral et fragile. La blancheur de la céramique donne au mobilier et au vêtement l’apparence d’os, ou d’un squelette caché. Ces objets semblent être les restes de la vie ordinaire, dépouillés de couleur et suspendus entre présence et absence. Ils révèlent la structure invisible sous l’habitude : les formes qui continuent d’organiser nos gestes même lorsque nous ne les remarquons plus. En combinant céramique, lumière, ombre, mouvement et répétition, La Partition quotidienne rend visible la chorégraphie silencieuse de la vie domestique. L’œuvre demande comment les routines ordinaires s’intériorisent comme une partition que nous jouons par cœur, et comment le foyer façonne silencieusement nos corps, nos gestes et notre perception du temps.